"Avec un nom d'article pareil, l'auteur de ce blog a sûrement perdu la tête", vous dites-vous peut-être. Eh bien... vous n'aurez peut-être pas tout à fait tort, en fait. Car il s'est produit récemment un profond boulversement dans mes activités de compositeur de musique orchestrale épique faite sur ordinateur pour la saga mp3 "Velvorn : The Bladed Druid".
J'ai fait l'acquisition d'un nouvel orchestre... et pas n'importe-lequel : L'East West Quantum Leap Symphonic Orchestra Gold. EWQLSOG, en abrégé. Je m'attendais certes à ce qu'il soit mieux que mes vieux instruments GarageBand/JamPack (vu la différence de poids sur l'ordinateur, 33Go contre 3 auparavant - et de prix, 4 fois plus cher, ouille) ; mais il s'avère être encore plus que bien mieux. Le réalisme et l'expressivité de certains instruments s'avèrent diaboliquement bien faits, de très nombreux modes de jeux exotiques sont disponibles (idéal pour faire des bruits étranges de cliffhanger :-D), et... et voilà, quoi, ça sonne franchement très bien.
J'attire donc votre attention sur cette toute récente "News de la Semaine" (en vidéo) du Blog de VTBD, afin que vous puissiez un peu profiter de cette exclu musicale même si vous ne visitez pas le site officiel de la saga dont je fais la musique.
Comme vous pouvez le constater, la qualité de son est pas excellente, ça sature un peu (saleté d'encodage Dailymotion !) et y'a ma voix (certes magnifique, mais quand même) qui parle au-dessus. Histoire que vous ne soyez pas venu pour rien, j'en profite pour vous proposer cette écoute comparative :
- La musique de la 1ère scène de l'Acte 3 avec mes anciens instruments (GarageBand, Logic, JamPack)
- La même musique avec mes nouveaux instruments (East West Quantum Leap Symphonic Orchestra Gold Edition)
Franchement... ça a quand même rudement plus de classe et de réalisme, non ?... Je ne vous ai pas mis le morceau le plus marquant de la BO et où la différence était la plus flagrante, mais... c'est pour votre bien. Je veux quand même vous réserver une part de surprise et de découverte à la sortie, quoi, zut ! :-D
Les musiques de l'acte 3 avancent donc rapidement et avec enthousiasme, et je vous promet une BO deux fois mieux que celle de l'acte 2. Et deux fois plus réaliste aussi.
Allé, sur ce, je m'en retourne à mes activités, c'est à dire, la finition de la musique de la scène 3. À bientôt !
Ça y est ! Il est sorti ! Oui, enfin bon, ça fait plus de deux semaines, mais je tenais quand même à faire un petit article dessus, qui puisse aussi bien servir de guide d'écoute que de livret ou de making-of.
Donc, en premier lieu, je vous conseille d'aller le télécharger sur sa jolie page jamendo. Si vous avez la flemme, ce n'est pas grave ! J'ai inclus des Dewplayers à l'article afin que vous puissiez quand même écouter la Chose.
Maintenant que cette étape est passée, attardons-nous un peu sur cette question cruciale qui vous brûle les lèvres : Mais ventrebleu, qu'est-ce donc qu'un Concerto Grosso ? Eh bien, il s'agit d'une forme d'oeuvre orchestrale très en vogue à l'époque baroque, et qui tient à la fois de la symphonie (pour orchestre mais sans solistes) et du concerto (un soliste qu'accompagne un orchestre). L'origine du Concerto Grosso est italienne, mais cette forme s'est répandu un peu partout en Europe à l'époque baroque. Plus tard dans l'histoire de la musique, le principe disparut, laissant place respectivement à la Symphonie et au Concerto. Donc, pour résumer : c'est quelques solistes qui jouent des choses formidables accompagnés par un orchestre qui les accompagne quand ils en ont marre de jouer tout seul. Tout bêtement. :-)
Et histoire d'approfondir le sujet, pourquoi ne pas faire un tour sur Wikipédia ?
À présent, attaquons-nous à ce qu'il se passe à l'intérieur du dedans de mon Concerto Grosso. Il y a donc trois solistes, à savoir deux flûtes à bec et un violoncelle (le "Concertino"), accompagnés par un paquet de cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses, le "Ripieno"), soutenus par deux instruments à clavier qui rajoutent des accords pour accompagner et lier le tout (clavecin et orgue, le "Continuo"). D'un point de vue de structure, les différents mouvements qui le composent s'enchaînent sans interruption, et sont de durées variables. En voici la liste exhaustive :
*Premier mouvement*
- Introduction : Allegro con fuoco (22'')
*Deuxième mouvement*
- Première partie, lente : Moderato (52'')
- Seconde partie, rapide : Vivace (1'06'')
- Troisième partie, lente : Moderato (1'00)
*Troisième mouvement*
- Allegro Animato
*Quatrième mouvement*
- Adagio et piano
*Cinquième mouvement*
- Allegro ma non troppo
Comme vous pouvez le remarquer, les indications de tempo et de caractère sont en italien, comme le veut la tradition. Enchaînés, ils fournissent donc à l'auditeur un enchaînement varié de thèmes, de mouvements, d'agitation et de calme. Il était d'usage que les Concerti Grossi durent moins de 15 minutes, c'est le cas du mien. À présent, un peu d'analyse mouvement par mouvement ! Yeah !
I - Allegro con fuoco
La seule fonction de cette courte introduction est... d'introduire. Franchement, c'est tout de même plus sympathique de commencer là-dessus que de débuter par le premier Moderato (mouvement suivant)... C'est tout bêtement un principe commercial : il faut frapper un grand coup l'auditeur dès le début. :-D
À propos de l'indication de tempo : littéralement, ça fait "Allègre, avec feu". Ce qui veut dire qu'il faut le jouer assez vite, et avec énergie et fougue.
II - Moderato - Vivace - Moderato
Ce deuxième mouvement se compose de trois parties qui s'enchaînent et se complètent.
1° Moderato : Pendant ce mouvement lent et planant, les deux flûtes complètent les accords joués par les cordes.
2° Vivace : Mouvement rapide dans le style italien : la basse (le violoncelle solo accompagné par le clavecin) enchaîne une suite de croches rapides et, au-dessus, les deux flûtes dialoguent.
3° Moderato : Retour au mouvement du début. L'orchestre joue exactement la même chose que dans le premier Moderato, mais la première flûte part dans un enchaînement de broderies et d'ornements sur les accords.
À propos des indications de tempi : "Moderato" signifie tout simplement "Modéré", et "Vivace"... "Vite".
III - Allegro animato
Ce troisième mouvement, rapide, est l'occasion pour le violoncelle de montrer ce qu'il a dans le ventre. Les deux flûtes à bec se fondent donc dans le "Ripieno" en jouant (presque) la même chose que les violons pendant que le violoncelle fait une démonstration de virtuosité.
À propos de l'indication de tempo : "Allegro animato" signifie globalement "vif et animé".
IV - Adagio et piano
Ce quatrième mouvement, lent, commence avec une introduction à l'orgue solo. Anecdote : normalement, c'était aux violons de jouer ça, mais il se trouve qu'avec mes instruments virtuels, c'était vraiment très moche (vous comprendrez un peu plus bas dans l'article). Puis arrive la première flûte solo, accompagnée par le clavecin et le (discret) violoncelle solo. Après avoir (quasi-)improvisé sur la succession d'accords proposée par l'orgue, la flûte arrive à une "demi-cadence", vers 2'29''. Là, on ne sait pas très très bien ce qu'il va se passer et, théoriquement, la surprise se crée lorsque tout recommence, avec les cordes et la deuxième flûte qui arrivent subitement. Le principe reste le même : les cordes proposent une succession d'accords sur lesquels les deux flûtes brodent et (pseudo-)improvisent. Et, à la fin, l'on arrive à nouveau à une demi-cadence, mais qui débouche directement sur le dernier mouvement...
À propos de l'indication de tempo : "Adagio"signifie "à l'aise" et désigne un mouvement assez lent (plus lent que Moderato), et "piano", "doux". Donc, cela mis ensemble nous donne "à l'aise doux" ou, mieux, "Lentement et doucement".
V - Allegro ma non troppo
Pour finir ce concerto grosso, il fallait un mouvement qui soit à la fois conclusif et qui contraste avec le long mouvement lent précédent. C'est donc le cas de cet allegro final, qui met surtout en valeur les deux flûtes, le violoncelle étant un peu plus discret (en fait, le seul mouvement ou il aura été en tête d'affiche, le violoncelle, c'est le troisième mouvement). Que dire de plus pour cet allegro, à part qu'il a été très dur à enregistrer en raison de la relative difficulté des parties de flûte soliste ? Mais bon, le résultat devrait être plaisant :-)
À propos de l'indication de tempo : "Allegro", vous devez savoir ce que ça veut dire, à présent... et "ma non troppo", ça veut dire "mais pas trop". Donc, il faut jouer ce mouvement "vite, mais pas trop"... Bah oui, parce que sinon, ça devient vite injouable.
Bonus - Pavan and Gaillards
Ce bonus n'a strictement rien à voir avec le Concerto Grosso. Il s'agit d'un style plus ancien (au moins 100 ans avant, historiquement), le style de la fin de la Renaissance (on se situe vers 1600 environ). La Pavane ("Pavan", en anglais) est une danse noble et lente, et la Gaillarde ("Gaillard") est une danse très rapide. Je vous propose donc une pavane et deux gaillardes, orchestrées à quatre flûtes à bec, cinq violes de gambe, clavecin et percussions.
- Le clavecin est un vrai clavecin dans le quatrième mouvement et dans les Pavan et Gaillards, le reste du temps, c'est du faux. - Le clavecin sur lequel j'ai enregistré -
- Les violes de gambe des Pavan et Gaillards sont numériques et sont en fait des sons de violons et violoncelles d'Apple Logic.
- Le petit orgue du concerto grosso est numérique et sort du JamPack (voir plus haut). S'il était réel, il ressemblerait à - ça -...
Bon, allé, un petit bonus à présent ! Ce concerto grosso n'a pas été composé et réalisé en un jour, loin de là. Je l'ai commencé début août 2008... et il doit y avoir à peu près une trentaine de fichiers qui représentent des stades intermédiaires de composition et de mixage-orchestration. Je vous propose donc une version "vieille" du concerto grosso, avec donc, les mouvements tels qu'ils étaient il y a longtemps, avant que mon perfectionnisme me fasse passer des (dizaines d')heures à les faire sonner mieux. Amusez-vous bien !
Bon, voilà, c'est tout pour ajourd'hui. Les plus mélomanes d'entre-vous seront peut-être intéressés par la partition ? Elle arrive ! Elle est en cours de mise en page, d'ajustement, de standardisation, de truc et de bidule qui feront en sorte qu'elle sera belle et jolie (enfin, pas trop moche, quoi).
Et concernant mes prochains projets de composition baroque ? Ben... pour l'instant, je ne sais tout simplement pas ! :-D Il se pourrait qu'une Suite pour orchestre voie le jour d'ici quelques paires de mois, avec un son sensiblement plus beau et réaliste. Mais je ne vous en dis pas plus... ben oui, faut bien teaser un peu, même pour du baroque.
Un petit mot pour vous dire que le Concerto Grosso (cf. post précédent) n'est plus très loin, bien au contraire. Si tout va bien, ce n'est plus qu'une question d'heures ! D'ailleurs, vous pouvez admirer ci-dessus la jolie couverture que Jay... enfin, que Beaulys Studio m'a fabriquée =)
Et tant que j'y suis, coup de coeur musical pour un titre du nouvel album d'Archive ("Controlling Crowds") : voici Chaos. Je trouve cette chanson absolument magnifique. <3
Pour conclure, voici un fond d'écran d'un joli paysage Vosgien photographié par moi y'a quelques mois. > Lien <
Mise à Jour : Le Concerto Grosso est en phase de Modération pour l'instant sur Jamendo, depuis lundi fin d'aprèm. Il sera disponible d'une minute à l'autre > à cette adresse ! <
Aujourd'hui, j'ai décidé de vous faire partager quelque chose d'extrêmement particulier.
Il s'agit d'un film Turc de 1982, qui répond au doux nom de "Dünyayi Kurtaran Adam" (L'Homme qui sauva le Monde), surnommé "Turkish Star Wars" par les spécialistes du genre. De quel genre ? Mais... du nanar ! Il s'agit là d'une référence totalement incontournable dans le petit monde des films tellements mauvais qu'ils en deviennent adorable, c'est-à-dire, les nanars. Nanarland est LE site spécialisé dans la matière, c'est grâce à lui que j'ai découvert cette... chose qu'est TSW.
Pour résumer, il s'agit d'un film à (très) petit budget. Tellement que toutes les scènes se passant dans l'espace sont des extraits entiers de Star Wars (le vrai) mis bout à bout sans aucune logique, et surtout, compressés verticalement selon le ratio 16/9ème -> 4/3.
La bande-son est particulièrement originale : Les musiques proviennent essentiellement de Star Wars et d'Indiana Jones, et, durant les bastons, s'interrompent le temps du bruitage du coup de poing. À croire qu'ils n'avaient qu'un monopiste en studio.
Que ce soient les acteurs principaux, les méchants, les figurants, ils valent tous leur détour. Entre des bizounours rouges, des masques en carton-pâte faits main, des momies en papier-toilette... Ce qui n'empêche pas nos deux héros, goguenard, de lancer des boutades humoristiques à tout va, à faire des bonds de 2 mètres sans trampoline (enfin, sans trampoline visible dans le champ de la caméra), de casser des cailloux à main nues, de tremper leurs mains dans de l'acier en fusion...
Ai-je vraiment vu le héros de ce film tronçonner de gros nounours rouges à la force des avant-bras sur la musique d'Indiana Jones après avoir peaufiné un entraînement martial en jouant au foot avec des rochers ? Ai-je vraiment vu ce même héros terrasser des stock-shots de gorilles mutants à grands coups d'épée en carton entre deux stock-shots de Star Wars ?? [...] Tout y est : pillage à outrance, tant au niveau des influences aisément décelables que des musiques (le thème d'Indiana Jones donc mais aussi une grosse partie de la BO et des bruitages de Flash Gordon plus pleins d'autres mal identifiées incluant apparemment La Planète des Singes, Galactica et Moonraker) ou des stock-shots (Star Wars en tête bien sûr mais aussi des péplums, des documentaires etc.), des maquillages inqualifiables, des acteurs merveilleux (tous, vraiment tous, avec forcément une mention très spéciale pour Cüneyt Arkin, véritable idole en Turquie et par ailleurs scénariste du film !), des figurants à gogo, des paysages excellents, un montage à l'arrache (on dirait un montage « live », un peu comme si le monteur avait monté le film au fur et à mesure qu'on le regarde, à la façon d'un DJ qui mixe en direct !), la patine de la pelloche [heureusement fixée sur un support inaltérable désormais, au moins on peu le consommer sans modération sans avoir peur de bousiller la bande !]...
Voilà. Ce film même pas parodique est donc sorti sur les écrans turcs en 1982. Ça décoiffe, hein ? :-D Pour ceux qui voudraient le voir en entier (ciel, des fous visiteraient mon blog ?!), allez donc faire un tour sur Google Videos !
Et pendant ce temps-là, mon site avance doucement. Tout doucement...
Les BOs des Actes 1 et 2 de Velvorn : The Bladed Druid sont donc disponibles sur Jamendo. Jay (créateur de VTBD) m'a conçu deux jolies pochettes... sur lesquelles il vous suffira de cliquer pour arriver sur la page Jamendo de l'album approprié.
Cet article va donc répondre à (presque) toutes les éventuelles questions que vous vous posez sur les musiques que j'ai faites pour VTBD. Cependant...
/!\ ATTENTION ! Ne lisez pas ce qui suit si vous n'avez pas écouté les deux actes de Velvorn : The Bladed Druid, car j'y dévoile de nombreux éléments d'intrigue. /!\
- Acte 1 -
- Main Theme : The Bladed -
C'est la musique de la bande-annonce de VTBD. Ladite bande-annonce sera d'ailleurs bientôt à nouveau en ligne, dans une version rénovée et améliorée. Le plus frappant, c'est que j'ai été inspiré d'une chanson de néo-métal ("Down with the Sickness" de Disturbed) pour la partie rythmique, cette espèce de mesure à 8 temps divisée en 3+3+2. J'ai beaucoup réutilisé le thème du début (au piano) par la suite, car... c'est le thème de Velvorn, le druide bladé, tout simplement. :-D Quant à la dernière partie, je ne l'ai pas utilisée dans les actes 1 et 2, mais... ça va venir !
Bonus : vieille version alpha !
- Introduction : Nuit orageuse -
Dans cette scène, Chowny court annoncer à Velvorn qu'il a repéré "un mouvement de troupes". Et en parallèle, la "caméra" suit ledit mouvement de troupes... pour cette scène très visuelle, j'ai tenté de faire une musique assez calme pour contraster avec l'agitation et l'action de la saga. L'inspiration m'est venue de la très belle chanson "Headlights", du groupe Archive ; le concept d'accords de choeurs synthétiques restant sur une pédale de basse qui reste toujours sur la même note. Mais bon, les choeurs ne rendent pas si bien que ça, ça sonne globalement un peu trop "MIDI"...
- Dans la tente -
Chowny réveille Velvorn et lui fait part de sa découverte. Atmosphère intimiste et calme pour un morceau sensé représenter la confiance qu'à l'apprenti en son maître... L'inspiration me vient dans l'ouverture d'"Henry VIII" de St-Saëns que j'adorais quand j'étais tout petit !
Mais étant donné que ladite ouverture reprend un choral anglais de l'époque baroque... Enfin bon, voici donc un extrait :
Ah oui, il exista également une version avec cornemuse. Mais, comme vous pouvez vous en rendre compte, ça sonnait pas très bien...
- La visite de l'Empereur -
L'Empereur Hadrien vient voir le druide Velvorn, afin de lui apporter une nouvelle cargaison de blessés... Donc, petite musique introductive sensée être empreuralistique. Puis, petite musique accompagnante rappelant le thème de Velvorn, lorsqu'un écuyer précise que Velvorn est un druide, et non un guerrier, plongeant l'empereur dans une profonde perplexité.
- Interlude -
Petite musique d'enchaînement totalement inutile et improvisée au clavier MIDI. Mais... elle fonctionne bien, dans le cadre de la saga, donc bon... c'est ce qui compte.
- 7ème lune de Maavrick -
Où l'on apprend que Velvorn n'arrive pas à soigner tous les blessés que lui apporte l'Empereur. Stylistiquement, je me suis inspiré de la musique de la Renaissance, et l'instrument soliste est ma flûte basse.
- Le cauchemar -
Comme son nom l'indique, dans cette scène, Velvorn fait un cauchemar... Musique plus cauchemardesque, donc, un peu angoissante et menaçante. Stylistiquement, on se situe entre Wagner et Debussy, à peu près. Encore à ce jour, je suis très fier de cette musique, car elle représente tout simplement mes premiers pas dans un style un peu plus atonal que ce que je fais d'habitude. Ah oui, vous aurez peut-être repéré un étrange son grave tout du long... il s'agit en fait de pizz de violons, pitchés à -3 octaves (entre autres)... Cela sonne un peu comme une sorte de contrebasse mutante et diabolique, écoutez donc ça en solo :
- Thème d'Enoriel -
Pour ce thème elfique, il fallait une instrumentation légère. On y entend donc de la harpe, de la guitare et de la flûte à bec, dans un mélange de style médiévalo-renaissance... à noter : le morceau est au diapason baroque (415Hz), en raison de la flûte utilisée ! Bien que je ne sois pas tout à fait satisfait du non-réalisme de certains instruments, ce morceau a paru plaire à bon nombre d'auditeurs, donc bon...
- Je vais partir (Final) -
Durant cette musique solennelle, Velvorn résume aux troupes la situation géo-politique du Royaume tout en annonçant qu'il va sauver le monde (enfin, tout ça, mais sérieusement, quoi). J'ai tenté de faire en sorte que la musique suive cet état d'esprit... Inspiration : majoritairement Hans Zimmer.
Mais je tiens publiquement à dire que... je trouve (à l'heure actuelle, plus de 7 mois après l'avoir composée,) que la BO de l'acte 1 assez nulle, et seuls "The Bladed" et "Le Cauchemar" sont défendables et récupérables. Le reste... hmm... oubliez-le ! J'ai heureusement progressé depuis et la plupart des thèmes sont de toute façon réutilisés et plus valorisés par la suite, de part le bienheureux concept de thèmes et de leitmotiv illustrant une situation ou un personnage.
- Acte 2 -
/!\ Rappel : Je vous recommande de ne pas lire la suite si vous n'avez pas écouté l'acte 2 : j'y fais en effet de nombreuses révélations sur l'intrigue... /!\
- Chowny rencontre Velvorn -
Cette musique appuie un flash-back racontant comment Chowny est devenu l'apprenti de Velvorn. Donc, j'ai réutilisé le thème de Chowny ("Dans la tente"), mais harmonisé et prolongé différemment, et aux cordes, cette fois-ci. Les inspirations de cette pièce se trouvent surtout dans la musique de scène de G. Bizet pour la pièce "L'Arlésienne".
- Le duel -
Dans cette scène, Enoriel a provoqué Chowny en duel... Il fallait donc une musique d'action, mais qui souligne le caractère amical de ce combat. D'où le fait que ça soit presque une valse, en fait... Néanmoins, cela reste un peu épique, surtout pour Chowny, le pauvre, qui livre un combat très difficile... et perdra. Inspiration : Eh bien... aucune identifiable ! L'auditeur averti pourra néanmoins reconnaître les 2 thèmes d'Enoriel et de Chowny au début. ;-)
Anecdote : j'ai réalisé cette musique en 2-3 heures, sans clavier MIDI, en programmant directement Logic, une belle après-midi d'été 2008. Et Jay a immédiatement "surkiffé" (je cite), car cela correspondait énormément à ce qu'il avait imaginé comme musique pour cette scène...
- Le départ -
Pour appuyer le départ et la destinée de Velvorn et ses compagnons, j'ai tenté d'instaurer un climat épique, un peut lent, une sorte de marche un peu semblable à "Je vais partir" de l'Acte 1. La seule inspiration répertoriable serait... la musique du générique de fin de Sin City (de Robert Rodriguez). Ah oui, c'est également la 1ère musique de VTBD à contenir du doudouk ! L'instrument est assez embêtant à inclure dans l'accord et le tempérament d'un orchestre classique, j'ai donc dû tricher à coup de pitch et d'autotune. J'avais ébauché une première version du Départ, mais... elle ne me satisfaisait pas. Vous allez vite comprendre pourquoi :
- La forêt de Mag'naghan -
C'est une forêt un peu magique, mystérieuse et sombre. J'ai donc utilisé ma flûte basse (voir plus haut) dans un mode un peu... mystique (avec de la distorsion de guitare dessus), accompagnée de nappes de cordes et de choeurs grégoriens synthétiques avec bien sûr, quelques percussions variées. L'inspiration principale vient des musiques de World Of Warcraft, "Tanaris" plus particulièrement... (La B.O. de WoW est absolument excellente, au passage, chaque morceau possède sa propre ambiance, c'est très très bien fait.)
- À la recherche des Ents -
Cette séquence comique exigeait une musique comique... Et en fait, c'est la toute première chose que j'aie composée pour VTBD, ça remonte à mars 2008 ! L'effet comique vient d'une part des instruments utilisés (basson, tuba, pizz de violons, trompette bouchée...) et également de l'alternance des tonalités mineures et majeures.
Bonus : La version mars 2008 !
- L'invasion du C'haos -
Le Seigneur des Ents expose à Velvorn la menace qui pèse sur le monde : le C'haos, "une terrible armée dont les pouvoirs obscurs sont dévastateurs"... On peut reconnaître quelques accords utilisés dans "Le cauchemar", preuve que ce dernier était en fait provoqué par le C'haos, tout comme Velvorn l'expliquera peu après.
- Les monolithes sacrés -
Le seul moyen de détruire le C'haos est d'aller aux antiques Monolithes sacrée et d'y effectuer le Rituel des Nymphes... Donc, musique mystique avec du célesta, de la harpe, du clavecin... et du doudouk !
- Le retour au camp -
Dans ce morceau, il n'y a que deux doudouks... et un sib grave de bourdon 16' tenu au pédalier de l'orgue (de mon conservatoire). En fait, c'est une totale improvisation... je me suis donné pour base la note tenue de l'orgue, j'ai improvisé le 1er doudouk, puis j'ai improvisé le 2ème en écoutant le 1er. Ce qui donne une musique d'ambiance très particulière et vraiment destinée... à être mise en musique d'ambiance :-D
- Confutatis Maledictis (Final) -
Pour me faire pardonner d'avoir fait un final aussi nul pour l'acte 1, j'ai mis les bouchées triples pour ce gros morceau. J'y ai passé plus de 20 heures, mais... le résultat en vaut la peine ! Inspiration globale : "Duel of the Fates" de John Williams, ainsi que certains des autres thèmes déjà croisés. Ah oui, inspiration Matrix également (B.O. de Don Davis, plus particulièrement le cultissime "Neodämmerung")
Il se découpe en 4 parties : (Attention, informations spoilantes en vue !)
1) Encerclation puis combat :
Des bruits se font entendre dans la forêt, les héros se font encercler et commencent à se battre... donc, des choeurs en latin (faits par Jay et moi, les paroles sont extraites du Dies Irae), le thème de Velvorn développé de manière combattante... Et également, le thème de Chowny très présent à travers tout le morceau ; là, par exemple, les accords de "Con... fu... tatis !".
2) Tentative de repli
Velvorn, Chowny et Théodore tentent de s'enfuir, donc... musique tentant de l'illustrer. On peut percevoir une augmentation de la tension jusqu'à...
3) La mort de Chowny<- spoiler en couleur blanche
Et là, tout à coup, le calme... un calme mortel, d'ailleurs. Inspiration Mahler-ienne pour ce passage... Suivi d'une remontée en puissance pour...
4) Le final
On peut y réentendre une dernière fois le thème de Chowny, développé de manière épique et très orchestré, et qui appuie un passage narratif de Velvorn.
* * *
* *
Bon ! Maintenant que j'ai disséqué chaque morceau, je vais vous présenter rapidement le matériel utilisé pour les faire.
Instruments "réels" :
- Flûtes à bec : comme c'est mon instrument (j'en fais depuis plus de 13 ans), je l'utilise assez souvent : 7ème Lune, Thème d'Enoriel, La Forêt...
- Piano : j'ai utilisé un vrai piano dans le Confutatis, et ça s'entend (comparez avec "The Bladed" où c'est du faux piano, au début...)
- Orgue : j'ai brièvement squatté l'orgue de mon conservatoire pour enregistrer quelques notes pour le Confutatis (de 15" à 48") et Le retour au camp.
- Doudouk : j'ai acheté exprès pour VTBD un doudouk arménien... j'en parle plus ici. C'est un instrument assez facile à jouer, aux doigtés proches de la flûte à bec.
- Le chant : Pour les besoins épiques de "The Bladed" et "Confutatis", Jay et moi avons fait appel à nos cordes vocales afin de reconstituer un choeur d'hommes. Sans l'orchestre, ça donne ça :
Conclusion : Heureusement qu'il y a l'orchestre !
Logiciels musicaux :
- Logic : je m'en sers pour programmer, mixer, etc etc etc. En gros, c'est par lui que tout passe... mais il ne fournit guère d'instruments... (je me sers surtout de son violoncelle solo, à la fin du Confutatis, par exemple.)
- GarageBand et sa banque de sons "JamPack Orchestra": c'est lui qui me fournit tous les sons dont j'ai besoin. J'ai également acheté le JamPack "Voices", pour les choeurs ("Nuit orageuse" ou "La Forêt", par ex.) mais que trouve pas terrible pour un emploi soundtrackique.
- East West Quantum Leap Stormdrum : Ce logiciel est LA banque de sons indispensables quand on veut utiliser des percussions "épiques" pour la musique de film. Dans toutes les productions où ça tape fort, vous pouvez être quasi-sûr que c'est StormDrum qui est utilisé. J'ai acheté le premier du nom (il coûtait 600€ à sa sortie, je l'ai payé 5 fois moins cher) et franchement, je n'ai pas été déçu. Écoutez plutôt la piste de percussions du Confutatis pour vous en rendre compte !
- J'ai également utilisé quelques instruments de Ben Boldt, proposés gratuitement (et très bons, d'ailleurs).
Matériel "hardware" :
- MacBook blanc, modèle de base, juillet 2007, boosté aux amphétamines (3Go de RAM et 320Go/7200rmp de disque dur... c'est hélas ce qu'il faut pour faire tourner Logic dans de telles conditions épico-instrumentales)
- Table de mixage Behringer Xenyx1204
- Carte son externe Behringer FCA202
- Micros statiques Behringer B1, Prodipe A1
- MiniDisc et micro stéréo Sony
Statistiques pour les musiques de ces deux actes :
- 130 heures de sueur (environ, à 10h près)
- 25Go de fichiers
- 40 fichiers de projet Logic
- Une dizaine de fichiers de projet Finale
- Un nombre incalculable de notes MIDI programmées xD
- Un nombre incalculable de chewing-gums Freedent™
- Un nombre incalculable de bêtises échangées avec Jay dans le cadre de nos légendaires réunions de travail
- Un nombre incalculable de capuccinos et de nuits blanches
- 4h pour boucler cet article à la c... ! :-D
Voilà, j'espère que la lecture de cet énorme article vous aura soit diverti, soit appris des éléments que vous souhaitiez savoir. Et si c'est pas le cas, vous aviez qu'à pas le lire :-D
Arnaud Condé, alias Aspic, vous souhaite la bienvenue sur son blog ! Passionné de musique baroque et classique, je vous propose de découvrir mes différentes compositions et créations dans des domaines allant de l'orchestral épique à la douce flûte à bec en passant par le rock. Je vous souhaite une bonne visite, n'hésitez surtout pas à me laisser un petit commentaire pour me faire part de vos impressions !
Arnaud Condé
Je suis étudiant au CNR de Paris, où je prépare des prix de flûte à bec, de formation musicale, d'écriture, de direction de choeurs... J'ai également jadis un peu fait de piano, de clavecin, et d'orgue. Et pour me changer les idées, je n'hésite pas à me défouler à coup de guitare électrique. Et en parallèle, je m'adonne à la composition dans un style principalement néo-baroque, bien qu'il m'arrive de toucher à l'orchestral-épique-musique de film...